Galilée a-t-il vraiment dit « Et pourtant, elle tourne » ?

Rien ne prouve que Galilée ait dit « Et pourtant, elle tourne » (« E pur si muove ») : aucun témoin de son procès de 1633 ne rapporte cette phrase, et sa première trace écrite date de 1757 — 124 ans plus tard. C’est l’une des citations apocryphes les plus célèbres de l’histoire des sciences : magnifique, plausible, et indémontrable.

Ce qui s’est vraiment passé en 1633 #

Le 22 juin 1633, devant le tribunal de l’Inquisition à Rome, Galilée, 69 ans, abjure solennellement la théorie copernicienne : il jure que la Terre ne se meut pas. En échange, il échappe au bûcher et finit sa vie assigné à résidence près de Florence, où il meurt en 1642. Aucun procès-verbal, aucune lettre, aucun témoignage contemporain ne mentionne un mot de défi murmuré en se relevant. La première biographie de Galilée, écrite par son disciple Viviani, n’en dit rien non plus — or Viviani n’aurait pas raté une anecdote pareille.

À retenir Réponse
Phrase en italien « E pur si muove ! »
Procès et abjuration 22 juin 1633, Rome
Témoignages d’époque Aucun ne mentionne la phrase
Première trace écrite Giuseppe Baretti, The Italian Library, 1757
Verdict Citation apocryphe (légende)

D’où sort la légende ? #

La phrase apparaît pour la première fois en 1757, sous la plume du polygraphe italien Giuseppe Baretti, dans une anthologie publiée à Londres, The Italian Library — plus d’un siècle après les faits. Elle est ensuite reprise et diffusée en France dans les années 1760, et la légende s’installe. En 1911, on a cru tenir une preuve plus ancienne : un tableau daté de 1643 ou 1645 portant l’inscription. Mais même cette toile, postérieure au procès, prouve seulement que l’anecdote circulait — pas que Galilée a parlé.

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Pourquoi la légende est plus forte que les faits #

Parce qu’elle raconte ce qu’on a envie d’entendre : la vérité scientifique qui résiste tout bas à la force. La réalité est moins romanesque — un vieil homme qui cède pour sauver sa peau, et qui avait raison quand même. Ironie finale : l’Église a officiellement reconnu ses torts dans l’affaire Galilée en 1992, sous Jean-Paul II. La Terre, elle, n’a jamais cessé de tourner, avec ou sans la phrase.

Qui a dit « et pourtant elle tourne » ?

Officiellement personne : la phrase est attribuée à Galilée après son abjuration de 1633, mais aucun document d’époque ne l’atteste. Sa première trace écrite date de 1757, chez Giuseppe Baretti.

Comment est mort Galilée ?

De vieillesse et de maladie, le 8 janvier 1642, à Arcetri près de Florence, où il vivait assigné à résidence depuis sa condamnation. Il était devenu aveugle. Il n’a jamais été torturé ni brûlé.

Galilée a-t-il été réhabilité par l’Église ?

Oui. Après une commission d’étude lancée en 1981, Jean-Paul II a reconnu en 1992 les erreurs du tribunal de 1633 — 359 ans après le procès.

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