« L’enfer, c’est les autres » est une réplique de la pièce Huis clos de Jean-Paul Sartre, créée en mai 1944 au théâtre du Vieux-Colombier, à Paris. C’est le personnage de Garcin qui la prononce à la fin de la pièce. Et contrairement à ce que tout le monde croit, la phrase ne signifie pas « les autres sont insupportables » : Sartre lui-même a passé sa vie à corriger ce contresens.
La scène d’où vient la phrase #
Dans Huis clos, trois morts — Garcin, Inès et Estelle — arrivent en enfer. Ils s’attendent à des flammes et à des bourreaux ; ils découvrent un simple salon, sans miroir, sans fenêtre, sans sommeil possible. Ils comprennent peu à peu que le supplice, ce sera eux : chacun juge les deux autres, éternellement. D’où le cri de Garcin : « Pas besoin de gril : l’enfer, c’est les Autres. »
| À retenir | Réponse |
|---|---|
| Auteur | Jean-Paul Sartre (1905-1980) |
| Œuvre | Huis clos, pièce de théâtre en un acte |
| Création | Mai 1944, théâtre du Vieux-Colombier (Paris) |
| Qui parle ? | Garcin, à la fin de la pièce |
| Sens réel | Le regard des autres nous juge et nous fige — pas « les gens sont pénibles » |
Ce que Sartre voulait vraiment dire #
Sartre s’en est expliqué très clairement dans une présentation enregistrée de la pièce en 1965 : « « L’enfer, c’est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés. Or, c’est tout autre chose que je veux dire. » Son idée : nous nous connaissons à travers le regard d’autrui. Quand nos rapports avec les autres sont faussés, ce regard devient une prison — on se retrouve enfermé dans le jugement des autres comme les trois personnages dans leur salon. L’enfer n’est pas l’existence des autres, c’est la dépendance à leur regard.
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Pourquoi ces trois-là sont en enfer #
Chacun traîne sa faute : Garcin a été cruel avec sa femme et est mort fusillé pour désertion en tentant de fuir ; Inès a poussé un couple à la destruction ; Estelle a tué son enfant. Sartre les a choisis pour que chacun ait besoin des deux autres et soit torturé par eux — le trio parfait, verrouillé pour l’éternité.
Ce n’est pas un roman mais une pièce de théâtre : Huis clos (1944). Le texte est publié chez Gallimard et reste un grand classique étudié au lycée.
Non. Il a précisé en 1965 que la phrase était « toujours mal comprise » : les autres ne sont l’enfer que lorsque nos rapports avec eux sont faussés, parce que leur regard nous emprisonne alors dans son jugement.
C’est voulu : privés de miroir, les personnages ne peuvent se voir que dans le regard des deux autres. Le décor met en scène l’idée même de la pièce.
À lire
Qui a dit « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité » ?
Dans quel livre trouve-t-on « l’enfer, c’est les autres » ?
Sartre pensait-il vraiment que les autres sont un enfer ?
Pourquoi n’y a-t-il pas de miroir dans Huis clos ?